La première chose qui frappe en arrivant en Islande c'est l'absence d'arbres. On sort de l'aéroport et il y a quelque chose qui manque. On est surpris par la nudité du paysage dans lequel souffle un vent frais et pur. Pourtant, c'est tout de suite beau cette vacuité: il y a juste le ciel, la terre, la lave omniprésente, l'herbe, quelques bâtiments et c'est tout. C'est si simple, on se demande pourquoi en Europe on s'agite tant alors que ces quelques éléments suffisent à se sentir bien. Très vite, on comprend: c'est qu'il n'y a personne ici, ou presque. 320000 habitants pour 105000 km2, ça laisse de la place! L'absence d'odeurs, la permanence du vent, l'horizon volcanique et la mer comme décor: attention, ça décoiffe! Si vous aimez la nature et les grands espaces vraiment sauvages, c'est LA destination incontournable.
Louer une voiture est une bonne option pour un premier contact avec l'île, quoique cher (400 à 500€ la semaine), ou alors c'est le bus (il n'y a aucun train sur l'île). Inutile cependant de prendre un 4x4, à moins de bien connaître déjà l'île pour chercher l'aventure intérieure. La route circulaire N1 suffit amplement à en prendre plein les yeux. Les routes sont de bonne qualité, totalement propices au dépaysement et au bien être: la vitesse y est limitée à 90 km/h, dans des paysages inouïs, un régal pour les conducteurs. On s'arrête facilement au milieu de la chaussée pour prendre un photo, car il n'y a presque personne. Il y a quelques portions "gravel road" (route non asphaltée) mais ça se roule bien, jusqu'à 80 km/h.
Suivant les nombreux conseils, nous avons choisi l'option "tout camping", et nous ne l'avons pas regretté: oubliez le camping Kontiki de StTropez où vous payez une fortune pour être coincé entre l'auvent du voisin et le palmier miteux de l'allée de la plage. Ici, camper, c'est comme on se l'imagine dans ses rêves: pas cher (5€ par personne par nuitée), géré par les municipalités, généralement au bord des sites prestigieux (le camping de Geysir est à environ 100m des fumerolles et geysers, on s'endort avec son murmure), très propres, souvent à côté des piscines municipales, et toujours dans l'herbe tendre. Ah l'herbe des campings icelandais: mieux qu'un matelas, un duvet vert, si vert qu'on a du mal à croire qu'il est naturel. Présents un peu partout, plus beaux qu'à l'hôtel, les campings sont la meilleure formule pour découvrir ce pays, au grand air et très proche de la nature... d'ailleurs c'est pour ça qu'on y va sur cette île, non? En Islande, on entre dans les campings comme dans un jardin, et non comme dans un supermarché. Il faut juste les éviter les samedis soir dans les grandes agglomérations, car les teen-agers icelandais n'ont jamais sommeil et très soif! Ca braille, ça chante, ça ne dort jamais: des Vikings, non?
En plus, tout ce qui est beau est gratuit: pas de châteaux, pas de cathédrales, peu de musées, c'est la nature sauvage partout. Tous les grands sites extérieurs sont en accès libre. Les seules clôtures sont pour les animaux.
Les Icelandais sont aussi très accueillants, joyeux, bosseurs, disciplinés, ils ne font pas de chichis pour un oui ou pour un non et semblent peu préoccupés par leur look, le "qu'en dira-t-on" ou les tabous. Le pays est très soigné, avec des sites très bien entretenus, chaque curiosité toujours bien mise en évidence grâce à ce design nordique minimaliste qui sied si bien à la nature.
Enfin, le meilleur est pour la fin: après une longue route au milieu de paysages superbes ou au soir d'une randonnée sur un volcan, quel plaisir d'aller se baigner. Oui, il fait frais dehors (de 12 à 20°C) mais il y a toujours une piscine municipale pas loin, voire des bains thermaux (ceux de Reykjavik sont à 2€ l'entrée!) ou encore mieux, des piscines chaudes naturelles où l'on se baigne au milieu de nulle part dans une eau tiède et agréablement minéralisée.
Ah, si l'Islande n'existait pas, il faudrait l'inventer!